HCQ et al. #
Alors que la plupart des chercheurs spécialistes de ce domaine considèrent cette controverse comme éteinte - la majorité des études rigoureuses montrant une absence d’effet ou un effet délétère de l’HCQ sur l’évolution de la maladie1 -, elle fait encore beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, notamment via la diffusion de pages telles que: HCQmeta.
Cette page affirme que le traitement du covid-19 par l’hydroxychloroquine (HCQ) est efficace, du moins lorsqu’elle est utilisée “tôt” dans le traitement de la maladie. Elle prétend se baser pour cela sur une “méta-analyse” de 121 publications scientifiques à ce sujet. Elle fait état de résultats impressionnants:
" The probability that an ineffective treatment generated results as positive as the 121 studies to date is estimated to be 1 in 27 million (p = 0.000000037)"
qui sont illustrés par des graphiques très similaires à ceux qu’on trouve dans des articles publiés dans des scientifiques. Alors, pourquoi ne pas faire confiance à cette publication?
La raison essentielle est que réaliser une telle méta-analyse demande un travail scientifique considérable (et non simplement, comme on pourrait le croire, d’effectuer la “moyenne” des résultats principaux fournis dans les différentes articles cités). Par conséquent, si les auteurs de cette page (qui dissimulent leur identité) avaient réellement effectué ce travail, ils essaieraient de le publier dans une revue scientifique (comme l’ont fait les auteurs des méta-analyses citées ci-dessus). L’argument qu’il existerait un lobby puissant à l’oeuvre empêchant la publication de résultats en faveur de l’utilisation de l’HCQ (médicament peu coûteux déjà disponible sur le marché) ne tient pas, pour les raisons suivantes.
- La pandémie actuelle entraîne une récession économique sans précédent. Il y a beaucoup plus d’intérêts économiques à la stopper qu’à l’entretenir. En particulier, même si le secteur de l’industrie pharmaceutique (“Big Pharma”) avait intérêt à promouvoir l’élaboration d’un onéreux vaccin au détriment de l’utilisation de l’HCQ, l’influence que peut avoir ce seul secteur sur les chercheurs scientifiques, les journaux académiques, les pouvoirs publics,.. est très faible en comparaison de celle que peut avoir tous les autres acteurs économiques, publics et privés, ayant intérêt à voir s’arrêter la pandémie.
- Pourquoi des résultats positifs concernant l’efficacité d’un autre traitement peu coûteux, la dexaméthasone, auraient-ils quant à eux été publiés?
- Dans l’attente d’être publiés dans un journal scientifique, tous les auteurs d’une étude scientifique peuvent diffuser leurs travaux sur une plateforme d’accès libre telle que medRxiv, et c’est ce que font la majorité des chercheurs à l’heure actuelle. Ainsi, leurs travaux sont disponibles à la communauté scientifique avant que le processus de “revue par les pairs”, qui conditionne la publication de l’article dans une revue scientifique (et peut prendre plusieurs semaines), soit terminé. Les articles rejetés par une revue sont donc également consultables.
-
Voir notamment les méta-analyses de Fiolet et al. 2020 , Juul et al. 2020, [Axfors et al. 2020] (https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.09.16.20194571v2) . Pour une vulgarisation de ces publications scientifiques, voir par exemple cette vidéo et cet article. ↩︎